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Merci à Christophe CORET , président d' AVES FRANCE, association de protection des espèces menacées pour le temps qu'il a bien voulu me consacrer pour cette interview.
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© Christophe Coret
 

Christophe, à quel âge remonte cette passion de la faune sauvage et en particulier celle pour les ours ?
 

Ma première rencontre avec l'ours a eu lieu quand j'étais enfant au zoo de Vincennes, à Paris.
Sans trop savoir pourquoi, j'ai été attiré vers les enclos des ours.
Je suis resté longtemps à fixer le regard d'un ours brun. Il semblait triste et en le quittant, j'avais l'impression de l'abandonner.
J'ai alors commencé à me passionner pour les ours, en lisant tous les livres et les articles à leur sujet.

 

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© Christophe a 4 ans


Quelques années plus tard, l'arrivée d'internet m'a permis de partager cette passion, de devenir bénévole dans des associations, jusqu'à la création d'AVES France en 2005.


Vous avez créé l'association AVES FRANCE. Pouvez vous m'en dire quelques mots.
Quel est son but ? Votre but est-il seulement d'informer ou de prendre position ?


Créer une association n'était pas mon but, mais en étant bénévole dans plusieurs structures, j'ai compris que pour militer efficacement, il fallait croire en son discours.

En contact avec la fondation AVES Roumanie, nous avons décidé de créer AVES France en juin 2005 pour dénoncer les méthodes illégales de chasse à l'ours dans ce pays.

Sylvie Cardona s'est jointe à l'aventure et les missions de l'association se sont développées.

Les trois premières années ont été assez difficiles, car nous avions peu de moyens pour agir efficacement sur les dossiers qui nous tiennent à coeur et que l'ont peu résumer à :
- sensibiliser le grand public
- soutenir financièrement la conservation des espèces menacées
- lutter contre les spectacles d'animaux sauvages et contre les atteintes sur l'environnement (pollution, déforestation, agrocarburants...)
- favoriser la cohabitation entre l'animal et l'homme, notamment avec les grands prédateurs en France.

Notre politique était simple : pas de compromis.
Nous ne sommes pas extrémistes, loin de là !


Mais sur certains sujets sensibles, comme l'ours ou le loup en France, nous avons un discours ferme.

Nous sommes une association de protection, notre rôle est de défendre ces espèces et pas de négocier un nombre de tirs par an avec le ministère (pour le loup notamment).

Lorsqu'un animal protégé est braconné, il est de notre devoir de porter plainte pour que la loi soit appliquée.

Nous prenons donc des positions sur les dossiers qui nous semblent prioritaires (AVES France participe à plusieurs collectifs associatifs) et nous sensibilisons à travers des conférences, des expositions, des articles...

rolandclerc.jpg
© Roland Clerc


Le travail au sein d'une association comme la vôtre demande du temps.
Est-ce votre travail à plein temps ou une occupation en dehors ?


Quand on est dirigeant d'une association à but non lucratif, on est bénévole.

Mon travail "alimentaire" dans le secteur paramédical a l'avantage de me laisser beaucoup de temps pour l'association. AVES France, c'est pour moi une passion à laquelle je consacre mes jours de repos, mes nuits et mes vacances.

C'est un engagement extrêmement important, mais qui apporte beaucoup humainement et qui permet de développer ses connaissances chaque jour.

Il y a bien sûr des périodes de découragement, mais la passion reprend toujours le dessus.

Difficile de croire aujourd'hui qu'il y a encore quelques années, ma timidité m'empêchait d'avancer alors qu'aujourd'hui, je peux animer une exposition et répondre à des interviews.

Je crois que c'est la preuve que la passion donne une force qui triomphe de toutes les peurs.

Pour en revenir aux ours ( c'est quand même mon centre d'intérêt principal), que pensez vous de la polémique à propos de la réintroduction des ours dans les Pyrénées ?
Etes vous optimiste ?
Pensez -vous que les mentalités puissent changer pour que l'ours brun redevienne un animal emblématique des montagnes pyrénéennees ?


Optimiste, non, je ne le suis plus.

Mais je me refuse tout de même de baisser les bras.

Les grands prédateurs en France nourrissent toutes les polémiques, depuis plus de 20 ans !

Et quand on regarde la situation actuelle, on ne peut pas dire qu'elle se soit améliorée. Tant que l'Etat n'aura pas une politique claire sur les réintroductions d'ours, rien ne changera. Actuellement, on réintroduit des ours sans prendre les mesures pour les protéger. Les auteurs des battues illégales et les chasseurs qui tirent sur les ours ne sont pas condamnés.

Comment voulez-vous que les mentalités changent ?

Ce qui est le plus difficile à accepter pour moi, c'est de voir que les bergers roumains cohabitent avec l'ours et le loup alors qu'ils ne bénéficient pas des mêmes aides que nos éleveurs français !

La cohabitation est possible... je pense sincèrement que c'est juste une question politique et de volonté de la part de tous les acteurs.


Et les ours polaires ? Pensez -vous que l'on ait vraiment à craindre leur disparition à l'état sauvage d'ici une trentaine d'années comme certains scientifiques semblent le craindre?

Nous avons lancé l'opération ours polaire en juin 2008 grâce au soutien du réseau Plein Ciel.

Depuis la mi novembre et jusqu'à la fin du mois de janvier 2009, j'anime des visites au muséum d'histoire naturelle de Rouen pour les écoles.

Sans être alarmistes, nous souhaitons faire comprendre aux enfants et au grand public que l'ours est menacé par nos modes de vie. Et les réflexions des enfants sont très enrichissantes et encourageantes. Ils sont sensibilisés aux problèmes de notre planète et savent que leur avenir dépend d'eux.

Certains m'ont dit "si on sauve l'ours polaire, on va aussi sauver l'homme et mieux vivre".

L'homme commence à intégrer qu'il vit dans un environnement dont nous sommes tous responsables.

Pour en revenir à la disparition programmée de l'ours polaire, AVES France soutient le travail de Rémy Marion et la sortie de son prochain livre et de son film "Dernières nouvelles de l'ours polaire".

On y découvrira que tous les ours polaires ne sont pas menacés. Il y a encore des régions où les effets de la pollution et du réchauffement climatique sont limités.

A nous, tous ensemble, de prendre les mesures nécessaires pour sauver l'ours polaire... et pour sauver les générations futures. L'élection américaine va peut-être être un tournant historique pour l'environnement...

il faut juste espérer qu'il n'arrive pas trop tard.


Est-il difficile de créer une association qui défend la faune sauvage dans un pays où nous en avons seulement que peu de spécimens ?
Comment avez vous procédé à Rouen pour motiver les gens ?
Entre nous j'aimerai faire plus que mon site qui ne se veut qu'informatif et celà j'y tiens ,mais j'aimerai aussi à côté faire bouger les choses.


Je ne vais pas mentir : c'est facile de créer une association, beaucoup plus difficile de la faire vivre.

AVES France n'a jamais reçu de subventions. Toutes nos premières actions ont été financées sur nos deniers personnels.

Notre site internet est visité par 50.000 visiteurs par mois et pourtant, nous ne comptons qu'une centaine d'adhérents.

Depuis janvier 2008, nous avons décidé de prendre le risque d'embaucher une chargée de mission en contrat aidée par l'Etat, car la charge de travail et la disponibilité nécessaire pour mettre en place nos projets était trop importante.

Le mécénat du réseau Plein Ciel, qui nous offre les moyens de financer une action (ici l'opération ours polaire), prouve combien il peut dynamiser notre travail.

2000 écoles vont recevoir notre affiche pédagogique sur l'ours polaire, des centaines d'enfants vont visiter l'exposition du Muséum... et ce n'est que le début !

D'autres projets importants attendent des financements. A titre d'exemple, si un mois dans l'année, chaque visiteur du site nous offrait 1 euro, nous aurions les moyens de financer plusieurs campagnes, comme la conservation de l'ours à lunettes en Amérique du Sud.

Car malheureusement, malgré toute notre énergie, l'argent est toujours le nerf de la guerre !


Etes vous en contact avec d'autres associations en France ou à l'étranger qui oeuvrent pour la sauvegarde de l'ours ?

Oui, car l'une des missions d'AVES France est de promouvoir le travail des associations étrangères qui mènent des opérations de conservation dans le monde.

Nous essayons de sensibiliser le public francophone et de récolter des dons pour ces associations. Il y a beaucoup à faire.

Nous espérons que le succès de l'opération ours polaire nous ouvrira d'autres perspectives pour sauver les autres espèces, dont l'ours à lunettes qui est extrêmement menacé.

Si vous souhaitez rajouter une conclusion personnelle, je vous laisse la parole.

Je tiens à vous remercier pour votre aide.

Mettre en avant nos combats est important. J'encourage évidemment les passionnés à nous contacter, s'ils veulent nous aider à développer l'association.

Ce sont nos forces conjugués qui nous permettront, je l'espère, de vivre dans les années à venir dans un monde où il y aura une place pour les hommes... et les ours.

Merci encore à vous , Christophe,d'avoir accepté de témoigner sur mon site.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l'Association de Christophe AVES FRANCE, rendez vous sur le site :en cliquant ici


Date de création : 23/11/2008 : 16:52
Dernière modification : 13/04/2010 : 23:30
Catégorie : PORTRAITS - Christophe CORET, président d'AVES FRANCE ( novembre 2008)

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