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PORTRAIT D'OLIVIER PARIS, Photographe animalier
Son attirance pour les ours polaires
Portrait_OP.jpg


" Merci Olivier pour ce témoignage que vous m'autorisez à publier et qui va faire le bonheur des lecteurs. Je vous laisse donc la parole. et vous félicite pour vos très belles photos d'ours. "


Je me suis toujours intéressé à la photo mais c'est au retour d'un voyage en Alaska (ma première rencontre avec des grizzlis) que, déçu par mes photos, j'ai décidé de me mettre sérieusement à la photo animalière.
J'ai, par ailleurs, toujours été attiré par les régions polaires et donc par l'ours polaire. En effet, c'est l'espèce la plus emblématique du grand nord.
Ma première rencontre avec le seigneur de l'Arctique date de 2001 au cours d'un voyage autour de l'île Spitzberg dans l'archipel du Svalbard (au nord de la Norvège).

Churchill_Ours_7.jpg
© Olivier Paris

Le Svalbard est un véritable paradis pour le naturaliste et c'est aussi une importante zone de reproduction pour l'ours polaire.

Les observations sont assez fréquentes (une douzaine d'ours en deux semaines) mais un peu frustrantes pour le photographe car la seule protection que l'on a est un fusil (obligatoire pour descendre à terre).

Comme il n'est pas question de risquer d'avoir à s'en servir, dès qu'un ours est repéré, on remonte à bord du bateau.

Les observations se font donc souvent de loin et passée la première émotion, on regrette de ne pas pouvoir s'approcher pour le photographier d'assez près.

La seule bonne opportunité photographique pour moi a été une femelle avec son jeune de 2 ans qui mangeaient une carcasse de beluga échouée.

Notre bateau n'étant pas trop gros (une goélette de 38 mètres) nous avons pu les approcher à une vingtaine de mètres et nous sommes restés avec ces 2 ours près de 3 heures, un grand moment.

Au retour, j'étais ravi de cette première rencontre mais je souhaitais faire mieux "photographiquement".
Sur les conseils de Rémy Marion, je suis donc allé à Churchill la "capitale mondiale de l'ours polaire".

Churchill_Ours_3.jpg
© Olivier Paris


 

Sous ce nom un peu pompeux se cache une petite ville canadienne sur la côte ouest de la baie d'Hudson qui se trouve juste sur la route migratoire des ours polaires de la région.

En effet, la banquise sur la baie se forme toujours autour du Cap Churchill, seul "accident" le long de cette côte peu découpée.

L'embouchure de la rivière Churchill favorise aussi la formation de la banquise en faisant baisser la salinité de l'eau.

Churchill_Ours_contre_jour_1.jpg
© Olivier Paris


 

Au mois d'octobre, des centaines d'ours polaires se rassemblent dans la toundra des environs de la ville où ils attendent que la banquise se forme (en général vers mi-novembre mais de plus en plus tard au fil des ans) pour aller y chasser le phoque après plusieurs mois de "jeûne".

Churchill_Buggy.jpg
© Olivier Paris


 

Les habitants de Churchill ont mis au point d'énormes buggys qui permettent de se balader dans des zones de toundra fréquentées par les ours.

Ces buggys sont rudimentaires mais confortables (chauffage, WC et même une petite "terrasse" à l'arrière). Ils font environ 4 mètres de haut ce qui permet une approche des ours sans danger (les plus gros mâles font 3 mètres de haut et arrivent à peine aux fenêtres).

On passe ainsi ses journées à sillonner la toundra et les rencontres avec les ours sont très fréquentes (10 à 30 par jour). Les ours approchent facilement au contact des buggys.

Cela permet de faire d'excellentes photos mais aussi d'observer beaucoup de comportements : combats entre jeunes mâles, femelle toujours aux aguets pour maintenir les mâles a distance de ses oursons, …

Churchill_Joute_4.jpg
© Olivier Paris


 

Les combats sont particulièrement impressionnants, pourtant il ne s'agit à cette période que de "joutes amicales" entre jeunes mâles.

On se rend aussi compte de la légendaire curiosité de ces plantigrades qui souvent viennent d'eux même au contact des buggys nous renifler ou mordiller les pneus.

Ce prédateur suprême ne craint rien ni personne dans cette zone où ils ne sont pas chassés. La fascination que ces magnifiques animaux exercent sur nous ne doit cependant pas nous faire oublier que c'est un prédateur toujours à l'affût.

Un jour, nous observions un très gros mâle couché dans la neige, il s'étirait, baillait et grattait le sol sans un regard pour nous.

Tout à coup, une bourrasque de vent arracha le bonnet d'une femme dans un buggy à coté du notre et cet ours qui ne semblait même pas nous regarder a bondi en un instant et a attrapé le bonnet avant qu'il ne touche le sol pour le mettre en pièces…

J'ai retenu la leçon : ne jamais faire confiance à un ours polaire, c'est un animal totalement imprévisible.

Les Inuits disent d'ailleurs "Si tu sais ce qu'un ours va faire, tu en sais plus que lui".

Churchill_Ours_1.jpg
© Olivier Paris

Cela dit, je peux vous garantir que voir un ours polaire se diriger vers vous de sa démarche lente et élégante est un moment inoubliable.

Tellement inoubliable qu'après un premier voyage en 2003, j'y suis retourné cet hiver.

Cette année, la banquise a fondu très tard en juillet, les ours ont donc pu se nourrir plus longtemps. Ils étaient donc nombreux, bien gras et donc très actifs.

Un vrai régal pour les yeux qui ne doit pas nous faire oublier la menace que le réchauffement climatique fait peser sur la banquise et donc sur les ours polaires qui ont un besoin vital de cette plateforme pour se nourrir.

Churchill_Ours_9.jpg
© Olivier Paris


 

Pour finir, quelques conseils : Churchill est, à ma connaissance, le seul endroit au monde où il soit possible d'approcher de si près des ours polaires sauvages dans de bonnes conditions de sécurité.

Mais il faut savoir qu'on ne s'y déplace qu'en buggy, cela a un coté safari africain très organisé et peut décevoir les amateurs de nature sauvage. C'est cependant la seule façon pour un amateur de faire de bonnes photos.

Autre conseil photo : bien que les ours s'approchent très facilement, les buggys sont très hauts et l'utilisation d'une longue focale est préférable pour les photographier d'un peu plus loin pour éviter d'être trop en plongée.

Par ailleurs, les buggys peuvent accueillir de 20 à 40 personnes, préférez un voyage "spécial photo" où on est seulement une quinzaine dans un buggy de 28 places ce qui permet de se déplacer pour ne pas rater une bonne opportunité.

Churchill_Femelle_2.jpg
© Olivier Paris


Si vous voulez connaître davantage l'univers photographique d'Olivier, rendez vous sur son site :en cliquant ici


 

Date de création : 04/03/2009 : 14:25
Dernière modification : 21/02/2012 : 15:22
Catégorie : PHOTOGRAPHES - Olivier PARIS : son attirance pour les ours polaires (Mars 2009 )

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