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Merci à Thierry de me laisser vous présenter à la fois son portrait et sa rencontre
avec les ours de Croatie et son voyage au Kamtchatka.


thierry magniez.jpg
© Thierry Magniez

 
Thierry Magniez, enseignant en sciences de la Vie et de la Terre a pour passion l’observation des environnements afin de voir et de comprendre les interactions entre ses différents composants.

Il pratique la photographie pour partager ses rencontres faites dans ces milieux.
Il souhaite faire passer un message écologique à travers un travail artistique : Sensibiliser le public au respect de l’équilibre des différents environnements ; faire comprendre l’intérêt essentiel de l’existence de certains êtres vivants considérés comme nuisibles par la population urbaine ou rurale ; inciter à la protection des niches écologiques des espèces menacées……. .


Habitant le Nord Pas de Calais, il illustre la biodiversité de sa région par les nombreuses photographies présentées sur le site Internet (http://thierry.magniez.free.fr) et par une exposition qu’il est en train de réaliser.


Croatie 2008 : Le témoignage de sa rencontre avec les ours bruns

Attiré par l’aspect naturel des forêts de la Croatie, je m’y suis rendu durant le mois de Août 2008.

Tout en profitant des eaux chaudes de la mer Adriatique sur l’île de Cres, j’ai exploré quelques forêts et zones de moyenne montagne afin d’y observer des environnements moins marqués par l’action de l’homme, qu’en France.

Certain de faire de belles rencontres, je ne pensais pas pouvoir observer les ours bruns. Et rapidement mes premières sorties confirmèrent cet à priori.

La nature, par endroit, semble être libre de l’emprise de l’homme : zones sans chemin, sans exploitation forestière, présentant une biodiversité importante avec de nombreuses traces d’activités animales, des arbres de toutes tailles et surtout un très grand nombre d’arbres morts.

Dans la région des lacs de Plitvice, j’ai pu observer de nombreuses traces d'ours. En cherchant aux alentours des villages, on trouve facilement des couloirs de passage dans les nombreuses friches, des zones où le sol est gratté, des troncs marqués par les griffes ou mis en morceau pour y manger les larves d’insectes.

Mais même aux heures les plus propices, je n’ai pas aperçu de plantigrade. Les loups sont également assez présents, j’ai trouvé les traces d’une capture de chevreuil par des loups et les restes de leur festin.

Non loin de l’orphelinat des ours, au cœur du massif montagneux du Velebit (village de Kuterevo), les traces de présence d’ours sont relativement nombreuses, j’y ai fait une rencontre :  Un soir, attiré par la présence d’un cerf dans une combe, j’ai effectué une approche à couvert dans une zone à fougères. Celles ci formaient une bande parallèle à la combe, la surplombant d’un petit talus. J’avais remarqué de nombreux couloirs de passage d’animaux que j’empruntais pour progresser vers le milieu de la combe.

Une fois arrivé au petit talus, je m’aperçois que le cervidé avait quitté sa position et je ne parviens plus à le apercevoir dans les environs. Après un moment d’attente discret, je décide de me rendre dans la combe au lieu où la bête à cornes broutait. Je me trouve donc dans un chaume haut de 20 cm partiellement retourné par des sangliers, semble t il.

Occupé à observer ces nombreuses traces, mon attention est détournée par une masse sombre sortant du sous bois en amont de la combe.
Mon premier ours ! Un beau mâle d’environ deux cents kilogrammes.

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© Thierry Magniez

Le vent étant dans le bon sens, je me couche dans le chaume et l’observe quelques minutes. Il renifle le sol, le talus qu’il longe sur quelques dizaines de mètres, il gratte …

Puis soudain il pose les deux pattes avant sur le talus et d’un coup de griffes sans effort apparant, il creuse profondément le talus et semble se délecter de ce qu’il y déterre.

Après la rencontre, je suis allé voir ce qu’il mangé, c’était des fourmis. Une fois terminé, il poursuit son trajet longeant toujours le talus puis il monte dans celui-ci et disparaît dans les fougères. J’en profite pour m’approcher du talus et sans aller vers lui, je me place en lisière de la zone à fougère.

Au bout de quelques minutes, une vingtaine de mètres devant moi, les fougères commencent à se balancer et mon compagnon passe sa tête comme pour observer la combe. Il descend du talus et le longeant s’approche de moi. A une dizaine de mètres, il stoppe et remonte dans le talus.

N’étant pas rassuré, je décampe de cette position où il pourrait redescendre et tomber nez à nez avec moi. De retour dans le chaume plus à découvert mais plus en sécurité par l’éloignement, je me remets doucement de mes émotions.

La faible luminosité, le manque de matériel et surtout un parkinson aigu font que les quelques photos réalisées ne sont pas terribles. La rencontre si proche avec cette petite bête est beaucoup plus impressionnante que je le pensais.

L’ours tout en gardant une formidable souplesse donne une impression de force considérable. Quand il marche, son pied semble osciller comme un flan dans une enveloppe de poils et de griffes mais quand il donne un coup de patte dans le sol durci par des mois de sécheresse, c’est une profonde échancrure à chaque coup de patte.

Une fois remis de mes émotions, ne le voyant pas revenir, je décide de rentrer dans les fougères pour l’entendre évoluer. Tout en prenant toutes les précautions, mes soixante dix kilogrammes ne passe pas inaperçu dans ce cahot de broussailles.

Je m’immobilise et écoute attentivement en me disant qu’une bestiole de deux cent kilogrammes ne doit pas passer inaperçu. Malgré toute l’attention que je porte au moindre bruit, impossible de déceler la présence du nounours.

Pensant qu’il été parti plus loin je reste assis quand derrière le rideau de fougères, à quelques mètres, j’entends quelques inspirations impressionnantes.

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© Thierry Magniez

 
L’animal faisait connaissance avec mon odeur, ce qui me permit d’en faire autant ; ça sens fort un ours !

Puis il s’éloigna un peu en ne faisant pratiquement pas de bruit. Je fus impressionné par la discrétion du déplacement de ces deux quintaux. Je regagne alors la combe.

Au bout de quelques minutes, il sortit des fougères, regagna le bout de la combe après s’être arrêté un instant pour se dresser contre un arbuste.

Une autre rencontre avec les ours s’est faite dans la région voisine avec la Slovénie, près du Parc National de Risnjak. Après deux jours de randonnée et d’observations dans le parc, je cherche une zone intéressante pour le soir.

Ayant trouvé une zone humide riche en traces de passage, avec un petit lac et une tourbière, je décide d’y faire un affût. Je me cache derrière quelques branches disposées contre un aulne face à une zone ouverte dans l’enfilade d’un petit cour d’eau.

Après quelques heures d’attente, rien ne bouge. Le soleil passé derrière la colline depuis plus d’une demi heure ne me permet plus de distinguer grand-chose en dehors de la zone ouverte. Soudain, sur ma droite dans le couvert forestier une branche casse, c’est l’espoir d’une visite.

Puis un arbre semble être secoué …..serait ce un sanglier qui se frotte ?

Les bruits de déplacement se rapprochent de la clairière. Je ne perçois toujours rien quand un arbuste tremble, bouge de plus en plus puis se plie partiellement.

Je cherche à reconnaître mon visiteur au travers de mes jumelles qui me permettent d’avoir une vue un peu plus lumineuse. J’aperçois enfin un ourson grimpé dans les branches de ce gros noisetier accompagné de sa mère et d’un deuxième ourson qui reste au sol.

Je les ai observés jusqu’à la nuit noire puis ne les entendant plus, je suis rentré. Les autres rencontres sont plus rapides et moins intéressantes.


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© Thierry Magniez



 

VOYAGE AU KAMTCHATKA ETE 2009

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© Thierry Magniez



Une petite expédition au pays des ours bruns, le Kamtchatka, m'a permis de découvrir des environnements sauvages préservés où les plantigrades règnent en mâitres. dans les torrents, sur le tour des lacs, dans les tourbières, sur les pentes des volcans, sur les plages....l'OURS EST PARTOUT.


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C'est au mois d'août et de septembre quand la quantité de saumon est maximum que les ours se rassemblent sur les lacs et les rivières pour s'engraisser.

Il leur faut manger le plus possible de saumon pour faire des réserves qui leur permettront de tenir tout l'hiver en vie ralentie sans nourriture dans leur tanière. c'est la tête, la  peau et les oeufs que l'ours préfère.

Difficiles d'accès, ces zones préservées sont peu traversées par l'homme et certains ours peuvent être observés de très très près.


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Durant quelques randonnées autonomes, j'ai pu m'immerger dans leurs milieux naturels pour les observer.

Il n'en est pas deux pareils,d'un jour sur l'autre, il est possible de rencontrer, de reconnaître et de bien différencier les différents habitats d'une zone.
C'est avec beaucoup d'émotion que l'on peut alors comprendre les limites de leur territoire et la hiérarchie parmi les différents individus.


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Même si parfois l'ours montre un peu d'agressivité, la prudence et la compréhension de ces manifestations permettent de ne pas franchir la limite de fuite ou d'agression de l'animal.

J'Y RETOURNERAIS  !!!



Date de création : 30/04/2009 : 19:54
Dernière modification : 21/02/2012 : 19:08
Catégorie : PHOTOGRAPHES - Thierry MAGNIEZ, photographe de l'environnement ( maj septembre 2009 )

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