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Est- ce la fin des usines de bile d’ours ou maisons de l’horreur ?

 

Article très intéressant , paru le 9 avril 2015 dans The Guardian et écrit par Jérémy Hance ( traduit de l'anglais par nos soins )

 

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Ours noir asiatique dans une usine à bile en Chine. Ses pattes fendillées sont dues au manque d'utilisation.

Photo: Animals Asia

 

Après des décennies d'activisme contre les fermes de bile d'ours, une société pharmaceutique chinoise a annoncé qu'elle était en train de développer une alternative synthétique à la bile d’ours. Si nous accordons aux ours un minimum d’intelligence ou d’expérience émotionnelle, si nous leur accordons la capacité de souffrir de douleur ou d’anxiété, alors l’agriculture de bile d’ours - qui maintient les ours dans des cages minuscules pour toute leur vie afin d’extraire de façon répétée leur bile – cela pose de nombreuses questions d’éthique.

En effet, depuis des décennies, des militants ont fait campagne pour arrêter le commerce qui extrait la bile d'ours pour une utilisation dans la médecine chinoise. Mais maintenant, l'industrie qui en tire profit peut parvenir à le faire aussi. L’an dernier, la société Kaibao Pharmaceuticals, qui fournit environ la moitié de la bile d'ours consommée en Chine, a dit qu'elle envisage de développer une alternative synthétique pour un remède populaire avec l’aide financière du gouvernement.

"Si le plus grand producteur de bile est maintenant à la recherche d’une alternative synthétique à la bile d’ours , ce ne peut être qu’une bonne chose pour les ours dans les fermes », a déclaré Jill Robinson, la fondatrice d’ Animals Asia, une association qui se bat contre l'agriculture de la bile d’ours en Asie depuis plus de 15 ans.

 

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Des ours  dans une ferme à bile détenue par la société pharmaceutique, l'un des plus grands producteurs chinois de bile d'ours, à Huian, dans la  province du Fujian en Chine du  sud.  Photo: Imaginechina / Corbis

 

Dans une brève déclaration, la société Kaibao a annoncé qu'elle utilisait de la bile de volaille et "une technologie de biotransformation" pour créer une substance chimique similaire à la bile d'ours, mais sans utiliser cette dernière. Elle a l'intention de dépenser 12 millions de yuans (1,3 M £) pour le développement de cette substance. En outre, Kaibao bénéficie d’une subvention du gouvernement chinois de 5,3 millions de yuans (£ 570 000) ainsi que 6 autres millions de yuans (£ 650,000) du gouvernement régional. En cas de succès, Kaibao serait propriétaire des droits sur la nouvelle bile à base de volaille mais semblable à la bile d’ours.

Des milliers d'ours Lune vivent dans la douleur et l'angoisse constante dans des cages qui ne sont pas plus grandes que des cercueils. "C’est une occasion pour les praticiens et les consommateurs de ne plus utiliser des espèces menacées mais des alternatives légales et durables, illustrant l'engagement de la communauté ( médecine traditionnelle chinoise) à la conservation de la faune et le commerce légal", a déclaré Chris Shepherd, un expert du trafic de bile d'ours et directeur régional du groupe de conservation « Traffic » en Asie du sud-est. "Le changement, cependant, doit venir de l'intérieur de cette communauté», a t-il ajouté.

La composante la plus importante de la bile d'ours est l'acide ursodeoxycholique qui a été démontré comme efficace contre certaines maladies, comme les maladies du foie Pourtant, les praticiens traditionnels l’utilisent d’un simple mal de gorge aux crises d’épilepsie. Il y a deux façons d'acquérir la bile aujourd'hui: soit tuer un ours à l'état sauvage et prélever sa vésicule biliaire soit dans le cas des exploitations de la bile d'ours prélever à plusieurs reprises les vésicules biliaires des animaux en captivité.

A l’intérieur d’une usine à bile : Jill Robinson qui a visité un certain nombre d’usines à bile les considèrent comme les maisons de l' horreur. "Les ours ont constamment faim et soif, ils obtiennent peu ou pas de soins vétérinaires et sont torturés toute leur vie», dit-elle. "Aujourd'hui ... des milliers d'ours Lune ressentent la douleur et l'angoisse constante dans des cages qui ne sont pas plus grandes que des cercueils. Un certain nombre de méthodes brutales sont utilisées pour extraire leur bile -. Cathéters rouillés, corsets métalliques, pompes médicinales et des trous ouverts, infectés forés à même leurs ventres

 

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Un travailleur extrait la bile d'un ours dans une ferme de l'ours détenue par  la société pharmaceutique Guizhentang à  Huian. Photo: Imaginechina / Corbis


" Les conditions sont en effet alarmantes, selon de nombreuses personnes qui suivent ce commerce. Les ours sont gardés dans des cages "d'écrasement", qui sont délibérément trop petites pour ces animaux qui ne peuvent se déplacer ni tenir debout. Afin d'extraire la bile - souvent quotidiennement - les travailleurs font des trous permanents ou fistules dans la vésicule biliaire de l'ours.

La bile est extraite, ou "traite" dans la nomenclature de l'industrie, par l'intermédiaire de tubes métalliques ou d'autres méthodes. Les conditions sont souvent tellement insalubres, et les ours tellement malades, que les experts ont soulevé des problèmes de santé publique pour ceux qui consomment cette bile. "Certains ours sont mis dans des cages très jeunes et ne sont jamais libérés", a déclaré Jill Robinson, ajoutant que "la plupart des ours d'élevage sont affamés, déshydratés et souffrent de multiples maladies et tumeurs malignes qui finissent par les tuer." Si les ours vivent assez longtemps - et leur durée de vie est courte ici – on peut leur traire la bile pendant des décennies. Cependant, généralement après 10 à 20 ans, les ours cessent de produire et ne sont plus assez rentables. Ensuite ils sont souvent tués et leurs organes vendus.

Les militants des droits des animaux soutiennent que ces conditions causent un préjudice psychologique massif aux ours. Lors d'un incident tristement célèbre, une ourse aurait cassé sa cage, tandis que l’on trayait son ourson. Réussissant à l’atteindre, elle préféra le tuer en l’étouffant. Puis l’ourse se frappa la tête contre un mur et mourut .Certains militants des droits des animaux ont appelé un assassinat-suicide.

D'autres observateurs ont signalé que des ours refusaient de manger et se laissaient mourir. Pourtant, tout le monde ne considère pas que ce commerce de la bile d’ours soit cruel. "Le processus d'extraction de la bile d'ours c’est comme tourner un robinet: naturel, facile et sans douleur. Après qu’ils ont terminé, les ours peuvent même jouer joyeusement à l’extérieur. Il pourrait même être un processus très confortable! ", a déclaré Fang Shuting, à la tête de l'Association de médecine traditionnelle chinoise en 2012. Les commentaires de Shuting prenaient la défense d’une autre compagnie de bile d’ours, la société pharmaceutique Guizhentang, prévoyant d’être cotée à la bourse de Hong Kong. En rendant cela public, Guizhentang espérait tripler le nombre de ses ours en captivité passant ainsi de 400 à 1200. Mais la proposition de cette société s’est heurtée à une campagne populaire passionnée de militants chinois qui a finalement fait capoter ce projet, tandis que les commentaires de Shuting ont été tournés en dérision dans les médias sociaux et condamnés par des experts de bile d'ours.

En tout, les experts estiment qu'il y a au moins 12 000 ours dans des fermes à bile aujourd'hui. La majorité des ours se trouvent en Chine, bien que le Vietnam, le Laos, la Birmanie, la Corée du Sud aient aussi de telles installations. Alors que la demande de bile d’ours est importante en Chine, elle est également vendue à travers l'Asie du Sud-Est jusqu'à Bornéo

Les intérêts de la conservation : En dépit de ce qu'il est devenu aujourd’hui, l'élevage d'ours était à l’origine mis en place pour sauver les ours sauvages. Les Chinois ont consommé la bile d'ours depuis plus de mille ans. Mais avant la naissance de ces fermes, ils allaient tout simplement dans les bois, tuaient un ours, lui retiraient sa vésicule biliaire qui était lucrative.

 

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Des travailleurs extraient la bile d'un ours en captivité à Savannakhet au  Laos. Les conditions sont souvent insalubres. Photo: TRAFIC


Au cours des siècles, ce qui n’est pas surprenant, les ours ont commencé à disparaître. C’est une histoire semblable à beaucoup d'autres animaux ciblés par le commerce de la médecine chinoise, comme les tigres, les pangolins, les rhinocéros de Sumatra et de Java, les tortues d'Asie, et plus encore. Comme les ours, ceux-ci étaient tués pour de prétendues vertus médicinales. Cette sur-chasse, combinée à une perte massive de l'habitat, a conduit à la destruction complète de certaines populations et la diminution de certaines autres.

La principale cible du commerce de bile d’ours est l’ours noir asiatique (Ursus thibetanus) aussi connu sous le nom d’ours Lune. Il est sur la liste rouge de l’UICN comme espèce vulnérable. On ne connait pas les chiffres exacts de la population totale. Il semblerait qu’environ 25,000 survivent à l’état sauvage. Le commerce cependant a aussi pris pour cible l’ours malais (Helarctos malayanus) – vulnerable – et aussi des sous espèces d’ours bruns. Mais uniquement dans une perspective de conservation - mettant de côté les préoccupations éthiques – on a espéré que le début des fermes de bile d'ours dans les années 1980 soulagerait un peu la pression sur les ours sauvages. L'idée était que si les fermes d'ours prélevaient une population suffisante d'animaux productifs, les braconniers ne captureraient ni ne tueraient plus d’ours à l'état sauvage.

Mais les experts disent que ce n’est pas arrivé pour un certain nombre de raisons. D’une part, élever des ours n’est pas cher, et dans la plupart des cas, il est probablement encore moins coûteux et plus facile de voler des ours à l'état sauvage pour repeupler les fermes. D'autre part, les experts estiment que le fait qu’il y ait plus de bile d'ours sur le marché a poussé les praticiens à prescrire la substance plus librement et pour un plus large éventail de maladies. Enfin, il y a les consommateurs qui semblent préférer la bile d'ours prélevée sur des animaux sauvages. Ils la considèrent comme plus authentique ou alors ils sont préoccupés par les conditions sanitaires - ou leur absence – dans les fermes d'ours.

Jill Robinson dit que les fermes continuent encore à voler des animaux dans la nature. "Environ 30% des ours sauvés à notre sanctuaire à Chengdu ont des membres manquants ou des blessures qui tendent à prouver qu’ils ont été piégés et capturés dans la nature», dit-elle, ajoutant que les ours sauvages capturés sont souvent plus agressifs.

Pourtant, le manque de contrôle du gouvernement - et le fait que la plupart des échanges se produisent d’une manière clandestine- signifie que c’est aux ONG de faire des suppositions. «Nous avons presque un rôle de détective, travaillant à examiner les blessures et les plaies sur le corps de l'ours et de reconstituer des preuves contre l’industrie des fermes à bile ", a ajouté Jill Robinson.

Le fait que les fermes d'ours n’ aient pas atténué les menaces sur la vie sauvage a amené en 2012 l’Union internationale pour la conservation de la Nature (UICN) à prendre une résolution appelant à un retrait progressif des fermes d'ours, et à interdire la création de nouvelles fermes

 

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Un ours malais, le plus petit ours du monde, dans une ferme à  bile. Photo: TRAFIC

 

Pourtant, le gouvernement chinois a récemment contesté la résolution de l'UICN, selon Shepherd, affirmant que l'industrie est capable de fournir la bile d'ours sans avoir recours à la capture d'ours à l’état sauvage ou au braconnage. C’est un point de vue repris par Fang Shuting, que "l'élevage d'ours est la meilleure façon de protéger les ours sauvages. Compte tenu de la demande du marché, comment pourrions-nous empêcher la chasse d'ours sauvages?

 

" Les médecins traditionnels seront-ils d’accord ? : Maintenant, supposons que la société pharmaceutique Kaibao réussisse à développer une alternative synthétique pour la bile d'ours, en utilisant la volaille. Supposons aussi que la société - qui rapporte plus de 50 mA de dollars à l'année en ventes nettes - pousse agressivement l'alternative. La grande question, selon Shepherd : les médecins traditionnels accepteront-ils que la bile d'ours synthétique fabriquée à partir de volaille – soit aussi bonne ?

Convaincre les praticiens peut s’avérer assez difficile. D’une part, il y a déjà un grand nombre de solutions de rechange disponibles, bien que subsiste une forte demande pour la bile d’ours. En effet, l'acide ursodésoxycholique - la composante la plus importante de la bile d'ours - a déjà été reproduit synthétiquement aux États-Unis et prescrite pour les maladies très spécifiques.

"Il y a plus de 50 plantes et des alternatives légales que nous aimerions que les médecins et les détaillants recommandent aux consommateurs», a déclaré Shepherd "Si les praticiens vont vers ces alternatives, les consommateurs suivront." Alors, pourquoi la solution synthétique de la société Kaibao fait-elle une différence? Les experts sont heureux mais avec prudence néanmoins car cette version viendrait de l'un des plus gros vendeurs de bile d'ours aujourd'hui. Contrairement aux versions synthétiques occidentales, il serait également cultivé à la maison. Selon Shepherd, cependant, la chose la plus importante pour Kaibao est de convaincre les médecins traditionnels chinois. "La clé c’est les praticiens ... les gens écoutent, et font confiance à leur médecin," a t-il dit.

À cette fin, Animals Asia a depuis longtemps demandé aux praticiens de cesser de prescrire de la bile d'ours dans une campagne appelée « Santé sans souffrance » "A ce jour, des milliers de médecins nous ont rejoints en promettant de ne jamais utiliser ou prescrire de la bile d'ours", a noté Jill Robinson. Bien sûr, l'une des ironies de l'annonce de Kaibao est que leur bile synthétique proviendrait encore d’un animal. Bien que la société n'ait pas répondu aux demandes répétées, il ressort de leur déclaration qu’elle proviendrait de volaille d’élevage. "Il en demeure un dilemme éthique et le débat entourant l'utilisation de tous les produits d'origine animale continue et reste entièrement valable", a déclaré Jill Robinson. Mais, a t-elle ajouté, " c’est un grand pas si ce nouveau procédé peut mettre fin à l’agriculture de la bile d’ours et ainsi réduire la souffrance des animaux en cage et mutilés pour rien jusqu'à 30 années de leur vie."

 

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Un ours regarde à travers les barreaux d’une très petite cage dans une ferme à bile  à Wenzhou, dans la province du Zhejiang à l'est de la Chine. Photo: Sam Bush / EPA

 

La torture des ours : En attendant, plus de 10 000 ours restent dans ces installations où Jill Robinson dit qu'ils «souffrent terriblement". Mais cela nous ramène à notre première question. Qu'est-ce que les animaux ressentent? Pouvons-nous vraiment savoir si les ours dans ces établissements souffrent ou ne ressentent-ils pas la douleur comme le prétend Fang Shuting «Les ours, comme nous, sont des mammifères à sang chaud avec un système nerveux central et des récepteurs de la douleur, ce qui indique qu'ils méritent le bénéfice du doute, et même celui de ressentir la douleur", a déclaré Jill Robinson. En effet, une étude récente a révélé que plus d'animaux souffrent - ou ont des stimuli négatifs – qu’on l’a longtemps cru.

Pendant des siècles, les scientifiques et les philosophes ont débattu pour savoir si les animaux sont juste des automates motivés uniquement par l'instinct et un manque de pensée ou d’émotion – ou des individus avec des personnalités distinctes et une vie affective riche. Mais les découvertes célèbres qui montrent que les chimpanzés utilisent des outils, que les baleines chantent, et que les corbeaux résolvent les problèmes a largement écrasé l'argument de l'automate. Des recherches récentes ont même révélé que les invertébrés éprouvent de la souffrance et ont à certain niveau ce que nous appelons l'intelligence.

Par exemple, les scientifiques ont constaté que les crustacés comme le homard - - ressentent la douleur et peuvent même éprouver de l'anxiété. Les guêpes conservent la mémoire à long terme; les abeilles sont capables de comptage; et même les cafards ont des personnalités. Contrairement à ces invertébrés, cependant, les gens ont toujours vu les ours comme des animaux particulièrement intelligents et sensibles. Pendant des siècles, les gens ont entraîné des ours pour des spectacles. Maintenant largement considérés comme cruelle, cette formation a montré que les grands mammifères pouvaient apprendre de nouvelles tâches rapidement.

Malgré ces manifestations de l'intelligence - et le fait que les ours arborent les plus grands cerveaux par rapport à la taille du corps de tout carnivore (plus grand que votre chien) - étonnamment peu de recherches ont été menées sur l’intelligence de l’ours. Une des rares études est parue l'année dernière, lorsque des chercheurs ont constaté que les ours pouvaient «compter». Les chercheurs ont formé les ours noirs américains pour sélectionner des groupements de points sur la base de ce qui était plus ou moins important. Les ours les ont effectués aussi bien que les primates. En 2012, un autre document de recherche a mis en évidence un ours brun sauvage sélectionnant soigneusement des rochers couverts de crustacés pour se gratter, preuve possible de l'utilisation d’un outil

 

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Deux ours Lune jouent au centre de sauvetage des ours noirs d’Asie à Chengdu en 2011. Le centre a été fondé par Animals Asia en Décembre 2002. La fondation qui vise à mettre fin à l'élevage des ours et au commerce de la bile d'ours. Photo: WU HONG / EPA


«On dit souvent que l'intelligence de l’ours est égale à celle d'un dauphin ou d'un enfant de trois ans. Mais je pense que cette description ne rend pas justice à leur individualité, et nous devons encore définir correctement leur intelligence ", a déclaré Jill Robinson, qui rappelle toutes ses années d'expérience de travail avec des centaines d'ours sauvés dans les installations d’Animals Asia «Ils apprennent très vite. Ils ont un comportement de préemption et d'anticipation qui leur permet d'améliorer ou de bénéficier de leur propre vie ", dit-elle, notant que les ours sont particulièrement exigeants sur la réalisation de lits confortables - peut-être que Boucle d’or a été basée sur une observation réelle - et que ses ours sauvés apprennent rapidement à sommeiller pendant la pause déjeuner des employés parce que «c’est un moment de calme dans les sanctuaires et que peu de choses se passent . ... Juste avant le retour au travail de notre équipe, les ours vont commencer à se réveiller aussi."

Jill Robinson a également déclaré que le comportement des ours sauvés change clairement au fil du temps. Au début, les ours restent à l'écart et gémissent quand les gens s’approchent comme s’ ils étaient encore dans les usines à bile - ou deviennent agressifs. Mais après des mois dans le sanctuaire, les ours deviennent plus détendus, plus sociables, et peut-être même, comme on pourrait le décrire, psychologiquement sains d'esprit. «Les ours qui, auparavant, explosaient de colère à la simple présence d'un être humain sont calmes et confiants, et lentement, ils comprennent que l'approche de notre personnel est un point positif à leur vie», a déclaré Robinson, ajoutant qu'ils ne sont «plus violemment stéréotypés, ou agressifs ".

Les Deux sanctuaires d’Animals Asia - un en Chine et l’autre au Vietnam –comptent presque 500 ours, tous sauvés des fermes de bile d'ours. Si la solution synthétique de Kaibao fonctionne, Animals Asia aura à prendre soin de beaucoup plus d'ours. "Les ours sauvés prouvent finalement qu’ils aiment s’amuser , faisant confiance et pardonnant à l’espèce qui leur a causé une douleur indescriptible", a noté Jill Robinson. Mais les ours peuvent –ils pardonner? Sont-ils capables d'accorder l'absolution - et même s’ils le sont , choisissent-ils vraiment de nous pardonner? Peut-être ne le saurons-nous jamais, mais de toute façon, il se pourrait bien que nous en ayons besoin.

 

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Un ours noir asiatique dans le centre de sauvetage Tat Kuang Si près de Luang Prabang au Laos.

Photo: Nigel Pavitt / Corbis


Date de création : 10/04/2015 : 15:30
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