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28 août 2015 Chapitre 2 - Celui où Jill a convaincu les autorités chinoises de mettre en place un sanctuaire

 

Chaque fois qu'un ours est sauvé par Animals Asia nous nous engageons à prendre soin de lui pour le reste de sa vie. Cela signifie que la majorité des ours que nous avons sauvés reviennent avec leurs sauveteurs dans nos sanctuaires de Chine ou du Vietnam. Ce sont tous deux des endroits magnifiques. Il est facile de considérer pour acquis que chaque fois que nous sauvons un ours il y a une maison toute prête qui les attend. Notre Centre de sauvetage des ours situé à Chengdu en Chine a été notre premier établissement mais il fut un temps où ce sanctuaire était juste un rêve lointain. Comment notre fondatrice Jill Robinson a-t-elle commencé cette tâche gigantesque de convaincre les autorités chinoises de lui permettre d'établir un centre où les ours seraient uniquement gardés là pour leur propre bien-être?

 

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Jusque-là, les ours étaient largement perçus comme une ressource financière grâce à l'extraction et à la vente de leur bile. En effet, une idée fausse très répandue était qu’en gardant les ours vivants dans des cages et en leur ponctionnant tous les jours la bile, les espèces sauvages d'ours seraient ainsi protégés parce que les consommateurs ne voulaient plus que des ours soient capturés et tués pour leur prélever leur vésicule biliaire. Inévitablement, les ours ont été illégalement braconnés à l'état sauvage pour compléter le nombre d’ours dans les fermes - alors que la demande pour des vésicules biliaires entières d'ours sauvages se poursuivait.

En 2000, comme une plus grande attention était accordée à l'industrie, le gouvernement chinois a permis à Animals Asia de sauver des ours enfermés dans les pires conditions. Toutefois, afin de sauver les ours, il devait y avoir un endroit pour les accueillir. Cela signifiait qu’un sanctuaire était indispensable. Mais forcément, essayer de convaincre cette nation, avec sa culture unique, les gens et les infrastructures socio-économiques, était quasi-impossible.

Pas pour Jill qui dans les années qui ont suivi la création d’Animals Asia a rapidement appris que le renforcement des relations avec les bonnes personnes étaient plus important que l'argent. «Évidemment, nous avions eu envie de créer un sanctuaire depuis un certain temps, et diverses personnes connaissaient nos plans, mais les choses ont vraiment commencé à se produire quand un fonctionnaire du gouvernement de Pékin nous a trouvé un endroit. Il nous a suggéré la province du Sichuan parce qu'il avait de bonnes connexions avec des membres du département des forêts, et il pourrait nous présenter à eux. "Nous avons eu de la chance quand on nous a annoncé que pourrions généreusement « emprunter »des terres à Long Qiao, près de Chengdu pour y mettre temporairement les ours , alors que nous avions repéré un endroit dans le Sichuan pour une base plus permanente."

 

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"Les négociations se sont effectivement bien déroulées. Cette introduction formelle m'a appris beaucoup de choses sur les éléments culturels des relations chinoises – cela impliquait de boire beaucoup de thé lors des réunions qui avaient lieu pendant la journée, et du vin de riz - ou "Baiju" lors des dîners et soirées. Toute personne qui fait des affaires en Chine sait que c’est courant pour mener un processus de collaboration. Heureusement, maintenant que je suis plus âgée, je peux me soustraire au Baiju et dire que je préfère boire du thé le soir aussi. Mais dans les premiers jours,cela faisait partie intégrante des négociations et parfois je me demande comment mon foie a survécu ".

Donc, ce fut Chengdu. Et l'équipe pu ainsi sauver 60 ours en quelques mois. Quand est venue l’heure des négociations pour l’élaboration d’un centre permanent, l'équipe des forêts a encouragé Animals Asia pour qu’elle choisisse Zhiyang, où il y avait beaucoup de fermes à bile d'ours. Cependant, Zhiyang était loin de l'aéroport le plus proche et Jill savait que cela poserait des problèmes. "Il aurait été difficile aux supporters et aux médias de s’y rendre – C’était extrêmement important parce que nous savions que nous aurions besoin de publicité pour nous aider dans la collecte de fonds. Nous avons donc demandé si nous pouvions rester là où nous étions. "Ce fut pour nous un grand soulagement quand l’Office des forêts de la province du Sichuan nous a permis d’établir le sanctuaire à Chengdu de manière permanente. J’étais aux anges car le sanctuaire est situé à seulement 45 minutes de l'aéroport, il est proche de la ville et il est niché dans les terres agricoles et près de la forêt .

 

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Il était beau et parfait pour nos besoins ". C’est ainsi que fut créé le premier sanctuaire d’Animals Asia. Sachant que c'était de manière permanente , l'équipe chinoise a amélioré le site pour le rendre le plus confortable possible pour les ours . L'accord entre Animals Asia et les autorités est toujours le même aujourd’hui. La Fondation paie un loyer chaque année pour le sanctuaire qui est à présent la maison de 123 ours C’est avec une immense fierté que Jill revient sur ces premiers jours, alors que l’association essayait de trouver ses marques. Il y a eu encore des défis à relever. Même les éléments naturels comme les arbres étaient un problème. "Beaucoup d'arbres dans ce domaine sont, à juste titre, protégés et nous avons dû en prendre grand soin lors de la création du sanctuaire en créant un bel environnement pour les ours tout en enlevant le moins d’arbres possibles. Heureusement une grande partie de la zone est recouverte de bambou. Il pousse très vite, comme de la mauvaise herbe. Nous l'utilisons pour créer des jouets, des structures pour permettre aux ours de jouer et plein d’autres choses "

 

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Recruter des personnes a été un autre facteur déterminant. Après tout, bien prendre soin des ours allait plus loin que la seule construction d’un espace - il fallait tenir compte d'une multitude de facteurs liés aux soins "Nous devions trouver un gestionnaire qualifié et bilingue pour l’administration du centre et des papiers et toute une équipe de travailleurs pour s’occuper des ours. Le travail était dur et très stressant par moments, et nous avons pris soin de trouver les bonnes personnes. Plusieurs candidats étaient là pour de mauvaises raisons et certains pensaient même qu'ils aidaient à exploiter une ferme à bile !!! ". D'autres difficultés survinrent face à l'énorme bureaucratie impliquée dans une telle opération sans précédent. En plus de cela Jill a dû continuer à travailler pour maintenir les relations, la confiance avec de nouvelles personnes dans le gouvernement local . C’est un aspect que l’on doit toujours considérer aujourd’hui dans l'ensemble de l'organisation ce qui est fondamental pour le travail d’ Animals Asia.

 

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Comme toujours, le soutien indéfectible et les encouragements de la famille et des amis de Jill fut immense, et une marée de bonnes volontés l'ont aidée à diriger le navire d’Animals Asia à travers les nombreuses eaux troubles. "John, mon ex-mari et toujours président de notre conseil d'administration, a été extrêmement favorable et a fait plusieurs voyages ici en dépit de conditions de vie précaires. Douze d'entre nous ont partagé un dortoir avec un toilette et une douche. Je me souviens de petits détails comme le gel lors des hivers froids nous obligeant à porter des couches et des couches de vêtements. Il y avait les plus grandes araignées de Huntsman que vous n’avez jamais vues dans l’ancien hôpital. Elles devaient se cacher et attendre que quelqu'un soit dans la douche pour se montrer! Vous aviez un œil sur le savon et l'autre sur l'araignée, et nous nous pressions pour terminer le plus vite possible notre toilette !! Semaine après semaine, mois après mois, de nouveaux amis nous ont rejoint pour nous aider. "Même les médias étaient merveilleux - une jolie journaliste italienne venait nous voir tous les jours et nous apportait de petites bouteilles de shampooing, des sacs de fruits pour le personnel et les ours, et même quelques roses pour les vétérinaires lors de la Saint Valentin! Les médias chinois ont été particulièrement aimables et enthousiastes. Ils étaient sur le site pour les jours - ils y sont encore souvent – voulant rapporter tous les détails du sauvetage des ours, raconter des histoires individuelles de chacun. Il n’ est pas rare de les voir pleurer quand nous parlons d’Oliver ayant vécu dans une cage pendant 30 ans, ou de ceux qui sont morts à l'arrivée dans les fermes »

 

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C’est cet esprit d'équipe, la camaraderie et sens de la solidarité, qui nous a permis à tous de tenir durant les jours les plus difficiles, lorsque tout semblait être contre nous. "Dans les premiers jours, nous nous rassemblions tous - personnel chinois et occidental – C’était le seul moyen de faire avancer les choses. Que nous nous préparions pour les sauvetages, pour des contrôles de santé, le nettoyage des cages et des tanières. Je sais que c’est peut être un cliché, mais nous étions vraiment tous sur le pont. Même si la langue a parfois été un problème, la compréhension s’est développée au fil des années. "A aucun moment ce ne fut aussi poignant que lorsque les ours sont arrivés. Tout le monde savait exactement quoi faire. Le tremblement de terre de 2008 fut un moment où nous avons vu à quel point notre équipe était courageuse et déterminée. De nombreux employés ont refusé de quitter le sanctuaire, malgré les répliques qui se produisaient à intervalles réguliers, et à la fin nous avons convenu que nos travailleurs chinois qui étaient mariés et avaient des familles quitteraient le sanctuaire alors que ceux qui étaient célibataires resteraient. Ceux qui ont dû partir étaient dévastés. Ils voulaient rester et aider à protéger la vie des personnes et des animaux. Je n’ai jamais oublié cette période j’ai beaucoup de respect pour tous ceux qui sont restés et qui savaient qu'ils risquaient leur vie pour garder le sanctuaire . »

 

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Une autre année mémorable, c’est quand nous avons demandé des gants pour garder les pattes des ours au chaud quand nous les opérions et nous avons été inondés de gants tricotés par les partisans à travers le monde - même de très loin , des gens qui ne pouvaient pas se permettre d'envoyer des fonds, ont été heureux de tricoter des dizaines et des dizaines de mitaines. Voilà un de mes exemples préférés, tout le monde fait ce qu'il peut. "C’est en regardant en arrière que je réalise tout le chemin que nous avons parcouru depuis les premiers jours. Notre personnel est aujourd'hui incroyable, à la fois dans le sanctuaire de Chengdu et dans celui du Vietnam.

"C’est ce qui fait la beauté d’Animals Asia - nous traitons les uns et les autres avec autant de respect que nous le faisons pour les ours, c’est la raison pour laquelle je suis si fière. Ce qui a changé c’est que nous ne sommes plus seulement un petit groupe mais nous avons des partisans partout dans le monde." "En vérité, nous avons désespérément besoin de dons et les gens donnent ce qu'ils peuvent. D'autres donnent de leur temps en faisant du bénévolat ou en levant des fonds. Les gens sont fiers de parler des ours et de l’ agriculture de la bile - ainsi que de tout le travail que nous faisons. La sensibilisation est essentielle et tout le monde fait quelque chose."

«Nous devons garder tout cela à l’esprit. C’est le message le plus important de tous. Tout ce que nous faisons est possible parce que chacun donne de son temps, de l'argent ou de son savoir-faire - très souvent les trois ensemble - pour notre cause. Ce qui est remarquable et c’est pourquoi nous avons réussi à accomplir tant de choses. "Nous ne cesserons jamais d'être reconnaissants pour cela. Nous avons affronté et vaincu chaque défi ensemble. Avec de plus en plus de gens pour nous aider, nous pouvons affronter des obstacles encore plus grands. Nous pouvons être encore plus ambitieux sur d’autres objectifs à atteindre. "


Date de création : 03/10/2015 : 14:30
Dernière modification : 03/10/2015 : 15:29
Catégorie : FONDATION ANIMALS ASIA - Historique
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