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4 septembre 2015 : Chapitre 3 - celui où un nouveau sanctuaire s’est ouvert au Vietnam

 

En 2005, le gouvernement vietnamien a réalisé que l'agriculture de bile d'ours devenait hors de contrôle - le nombre d'ours en cage continuait de croître, ce qui provoqua une préoccupation internationale. Les ours gardés en captivité dans des fermes avaient décuplé en seulement six ans, passant de 400 en 1999 à plus de 4300 en 2005. L’agriculture de bile d’ours commençait à faire les gros titres d’une manière négative. Le gouvernement vietnamien avait fini par se rendre compte qu'il était nécessaire de faire quelque chose, mais les gardes étaient réticents à confisquer tous les ours maintenus illégalement parce qu'ils ne savaient pas quoi en faire . Ils avaient besoin d'un endroit où les mettre - un endroit sûr, quelque part avec un environnement semblable à leur habitat naturel, quelque part où des gens prendraient soin d'eux. Mais un tel endroit n’existait pas. Avec cette réalisation, la porte était ouverte et c’était une avancée. Mais pour Animals Asia - un autre pays apportait de nouveaux défis à relever.

 

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La première étape a été de trouver un expert fiable dans le pays. Cette personne, ce fut Tuan Bendixsen, qui deviendra directeur d’Animals Asia au Vietnam. Né en Australie, Tuan vivait à Hanoi depuis cinq ans quand il prit connaissance du sort des ours sauvages captifs dans des fermes à bile. Il a expliqué comment il s’est trouvé impliqué «Je gérais une clinique vétérinaire et un laboratoire à Hanoi quand une amie travaillant dans la protection animale m'a parlé de l'agriculture de bile d’ours au Vietnam. Elle m'a parlé d’Animals Asia, et du travail qu'ils faisaient pour aider ces ours. Je ne savais pas que l'agriculture de bile d'ours existait et que tant d'ours étaient gardés dans les fermes à Hanoi. "Les choses que j’ai apprises étaient horribles, comme l'une des méthodes utilisées pour extraire la bile d'ours. Notamment autour de la fin des années 1990, il était courant d’anesthésier les ours puis de couper leur abdomen pour accéder à la vésicule biliaire et de prendre la bile. Cette opération était faite tous les trois mois et les ours souffraient de ces chirurgies avant de succomber. C’était tout simplement horrible. «Je me suis rendu compte que quelque chose devait être fait, j’ai donc dit à mon amie de me faire savoir si je pouvais aider."

 

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L'ami de Tuan était Uli Streicher, qui travaillait dans un centre appelé « Centre de sauvetage des primates en voie de disparition dans le parc national de Cuc Phuong à Ninh Binh, au Vietnam. Le centre est un sanctuaire pour primates rares et menacés comme le gibbon, le langur et le Loris. Tout comme en Chine, les relations interpersonnelles ont joué un rôle énorme pour faire bouger les choses au Vietnam, et Uli était sur place pour faire les présentations dans les premiers jours pour Animals Asia. Tuan a déclaré: "Uli avait déjà eu des contacts avec le gouvernement quand elle a travaillé comme vétérinaire pour le sanctuaire des primates. Elle a aidé à coordonner les discussions initiales entre Animals Asia et le gouvernement vietnamien, ce qui a conduit à leur acceptation d’aller visiter notre sanctuaire en Chine pour en savoir plus. C’est à ce moment, que j’ai réellement travaillé à plein temps pour Animals asia ". Impressionné par ce qu'ils ont vu, et confiant qu’Animals Asia pourrait reproduire au Vietnam le succès connu en Chine, c’est au début de l’année 2005 que le gouvernement a offert trois sites pour un centre de sauvetage possible - Quang Ninh, Ba Vi, ou Tam Dao. Les deux premiers sites ont été jugés inappropriés car situés trop loin d'un aéroport et manquaient de toute infrastructure importante.

 

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Tuan a déclaré: "Tam Dao était certainement le plus approprié. En dehors du fait que c’est un parc national - offrant ainsi le bon type d'environnement- nous avons trouvé un soutien en la personne du directeur du parc national de Tam Dao, M. Tien, même si cela allait changer à l'avenir. Cependant, il n'y avait aucun doute dans notre esprit : c’était le lieu adéquat. Nous avons signé un protocole d'accord (MOU) avec le gouvernement le 15 Novembre 2005 pour notre plus grand plaisir ". Les travaux sur site ont commencé le 4 Décembre 2006, par la zone de quarantaine. Puis il y a eu la création des maisons d'ours 1 et 2, puis la maison des oursons. Le centre a officiellement ouvert le 7 Avril 2008. Toutefois, des défis nous attendaient. En Novembre 2011, alors qu’ Animals Asia commençait à construire plus de maisons d'ours, le directeur, M. Tien, a changé d’avis. Il a soudainement décidé qu'il voulait garder la moitié des terres afin de construire un lieu de villégiature.

 

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Tuan a déclaré: "C’était très inquiétant. Ayant déjà commencé la construction , c’était exactement le genre de recul dont nous n’avions pas besoin et que l’on ne pouvait pas se permettre. Nous ne pouvions pas y croire. Il a été très utile au début, mais il a changé complètement et nous a fait vivre l’enfer . Chaque fois que nous refusions ses demandes il fermait la porte du parc pendant des jours, et faisait marcher tout le monde sur plus d’un kilomètre pour arriver au sanctuaire. "Le summum des difficultés c’est lorsqu’il a refusé de laisser tout étranger autre que notre personnel sur place, citant « la sécurité nationale » comme raison. Nous avons dû lui donner au moins un préavis d'une semaine et une justification complète des raisons selon lesquelles chacun avait besoin de visiter le centre. Ce fut un moment terrible. " À la fin, les choses sont devenues si difficiles que Tuan a dû porter l'affaire devant le ministère de l'Agriculture et du développement rural, qui, en Avril 2012, a restauré l'accès complet d’ Animals Asia sur leur site. M. Tien a continué à leur causer du tort quand il a fait pression sur le ministère de la Défense en déclarant que cette terre était « une zone prioritaire de la défense nationale », mise en place pour protéger Hanoï d’une invasion chinoise. En réalité, Il prévoyait d’aménager à cet endroit une zone touristique. Ce fut l’un des plus durs combats d’Animals Asia. Il aurait pu voir se terminer le travail d’ Animals Asia au Vietnam, mais grâce un nombre de supporters de plus en plus grand , la lutte a fait la Une des médias internationaux. D’autres ONG, des célébrités, des supporters et des ambassades se sont ralliés à cette cause.

 

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Tuan a déclaré: "Nous avons été informés par le ministère de l'Agriculture et du développement rural que le sanctuaire devrait être relocalisé. Eh bien, nous étions venus jusque la et nous n’allions pas abdiquer, donc nous avons commencé une campagne internationale pour «arrêter l'expulsion de 104 ours». Ce fut une vaste offensive de relations publiques, et Dieu merci, elle a recueilli un soutien sans précédent. Globalement au Vietnam, 11 ambassadeurs ont co-signé une lettre au gouvernement soutenant le sanctuaire. La Banque mondiale et la Banque asiatique de développement ont fait part de leurs préoccupations dans une lettre commune également. Divers groupes et représentants de conservations locales et internationales à d'autres causes ont tous fait de même, montrant un énorme soutien pour le maintien du sanctuaire. On a reçu des lettres de politiciens du monde entier, de l'Union européenne, des membres démocratiques du congrès américain - Le Premier ministre vietnamien a également reçu des pétitions portant plus de 60.000 signatures et des milliers d'autres lettres de personnes à travers le monde.

 

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Tuan a continué: «Avec un tel soutien international relayé par les médias, le premier ministre a finalement tranché en notre faveur et a déclaré que le sanctuaire devait rester. Le directeur du parc national de Tam Dao a été démit de ses fonctions et on nous a permis de continuer à bâtir nos maisons d'ours ". Maintenant, en 2015 le sanctuaire est devenu la maison de 131 ours, correspondant à la taille du sanctuaire chinois de Chengdu. Et en termes de campagne, la voix de Animals Asia se fait entendre de plus en plus. Les autorités jouent un rôle plus important que jamais. En Mars de cette année, le bureau du Premier ministre a déclaré que tous les ours en captivité dans la province de Quang Ninh dans le nord du Vietnam devaient être transférés au sanctuaire, fixant un délai au mois de Septembre pour tous les transferts pour qu’il n’y ait plus de fermes à bile dans cette province. Tuan a déclaré: "Nous avons un sanctuaire fantastique aujourd'hui, et c’est gratifiant de regarder tout le chemin que nous avons parcouru. Cela dit, nous ne pourrons jamais nous permettre d'être complaisants - nous continuons en vertu des réglementations strictes. Nous sommes soumis à au moins deux inspections chaque année pour la conformité environnementale. L'année dernière, on a même été contraint de faire des tests de qualité de l'air, car il était à craindre que notre sanctuaire pouvait contribuer à la diminution de la couche d'ozone !! Compte tenu de la proximité de la pollution d’ Hanoi Je ne pense que les ours soient concernés par ce qui arrive à la couche d’ozone !!!!

 

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Tuan et l'équipe de Tam Dao restent résolus à continuer à se battre pour mettre fin à l'industrie de la bile d'ours au Vietnam. Tuan ajoute: "Comme beaucoup de gens – c’est ce que j’ai entendu sur l’horreur des fermes à bile qui m'a d'abord attiré vers Animals Asia. Faire partie de la lutte et voir chuter le nombre d'ours en cage de manière spectaculaire d'année en année, est quelque chose dont je suis très fier. Et parce que l'agriculture de bile d'ours est illégale Au Vietnam, le gouvernement nous rejoint dans notre objectif de mettre un terme aux fermes à bile. "Nous avons de nouvelles batailles à mener. Mettre fin à l'industrie de la viande de chien est celle que nous devons gagner. Au-delà de la cruauté infligée à ces animaux, nous sommes aussi responsables de milliers de propriétaires qui perdent leurs animaux de compagnie chaque année. Nous devons arrêter cela. "Je suis aussi particulièrement fier du travail que nous faisons avec les animaux en captivité. Nous préférerions que les animaux restent à l'état sauvage, mais les zoos du Vietnam manquent de ressources et les animaux ont besoin de notre aide. Avec nos conseils, les animaux reçoivent de meilleurs soins et de meilleurs équipements. Cela fait une telle différence ! "Aucun de nous n'a jamais oublié que nous travaillons à mesures égales pour les animaux et la générosité des amoureux des animaux rend notre travail possible. Le sanctuaire est un monument à cette générosité et cette gentillesse et à un meilleur soin possible des animaux ".


Date de création : 03/10/2015 : 14:36
Dernière modification : 03/10/2015 : 15:30
Catégorie : FONDATION ANIMALS ASIA - Historique
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