Vous êtes ici :   Accueil » Le Roi Nounours, Noël rêves d’enfance Château d'Amboise du 01/12/2019 au 5/01/2020
 
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la page...
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la section...
OURS : ACTUALITES
EDUCATION
VISITES

 3728716 visiteurs

 126 visiteurs en ligne

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.surlespasdesours.fr/data/fr-articles.xml

Exposition « Le Roi Nounours, Noël rêves d’enfance »  – Château d’Amboise du 1er décembre 2019 au 5 janvier 2020.

affiche amboise.jpg

Cette exposition consacrée à l'Ours en peluche est magnifique. Le travail accompli pour mettre les ours en situation est en tous points remarquable. Le Roi Nounours est monté sur le trône du château pour le plus grand plaisir des grands et des petits. Je puis vous assurer qu'en  passant de salle en salle, j'ai retrouvé le temps d'une matinée mon âme d'enfant. 

Je tiens à remercier particulièrement Madame Guenièvre Charles, responsable informations,  que j'ai tout d'abord contactée par mail et que j'ai ensuite rencontrée le 5 décembre 2019 lors de ma visite au château d'Amboise, pour m'avoir permis de publier cet article sur mon site et sur ma page Facebook : " Sur les pas des ours en peluche dont voici l'adresse : https://www.facebook.com/hamelingenevieve49/?modal=admin_todo_tour.

Cette exposition propose deux niveaux de lecture :

- Une approche historique de l’évolution de l’ours  dans nos sociétés occidentales, d’après les travaux de Michel Pastoureau, détaillés dans son livre «  L’ours, histoire d’un roi déchu »

- Une approche plus ludique de l’ours en peluche, en association avec la société «  Les petites Maries » située à Châteauroux, en région Centre Val de Loire et le Musée de la Poupée et du Jouet Ancien de Wambrechies dans le Nord.

De sa vie sauvage dans les forêts épaisses à sa présence rassurante dans nos chambres d’enfants, l’ours a parcouru un long chemin. L’exposition présentée au château royal d’Amboise à l’occasion des fêtes de fin d’année raconte de quelle manière l’ours est perçu selon les périodes de l’histoire. Ce compagnon des dieux antiques est à l’origine de nombreux cultes qui perdurent jusqu’au Moyen Age. Il est alors considéré comme le «  Roi des animaux » de la forêt, doté d’une force et d’un courage extraordinaires.

Mais dès le 11ème siècle, la trop forte proximité de l’ours avec les rites païens lui vaut la méfiance de l’église occidentale. Il est dès lors représenté comme l’incarnation de nombreux défauts, humilié dans les foires et pourchassé jusqu’au 19ème siècle.

Menacé de quasi extinction à l’aube du 20ème siècle, il est sauvé de manière inattendue par l’imagination créative des fabricants de peluches puis par la puissante industrie cinématographique sous les traits bonhommes d’un doux compagnon de notre enfance.

Une grande famille : la cour du roi est un lieu de rencontre où chacun souhaite être vu, et l’on vient parfois de loin pour cela. Le clan des ours bruns, venus en voisin et celui des ours blancs, d’une contrée lointaine, comptent bien impressionner la galerie !

Oursamboise2.jpg

Oursamboise1.jpg

Oursamboise.jpg

oursamboise35.jpg

Qui va là ?!  Pouvez –vous montrer patte (d’ours ) blanche ? Cette salle, qui conduit aux pièces nobles du château, est gardée par de redoutables garde-nounours, issues des meilleures familles de l’aristocratie ursine.

oursamboise3.jpg

oursamboise4.jpg

Garde, dors tu ? Veillant sur l’entrée de la grande salle d’audience où vous attend le Roi Nounours, le dernier rempart semble en proie à une légère somnolence. Quels beaux rêves animent son sommeil ? Celui d’être un jour lui-même sur le trône ?

Oursamboise5.jpg

Copyright Geneviève Hamelin

Oursamboise6.jpg

L’ours, créature des dieux

Les premières représentations de l’ours apparaissent dès la Préhistoire, sous la forme de peintures rupestres ou même de statues, comme celle de la grotte Montespan, en Haute-Garonne. Ces vestiges laissent à penser que l’animal jouit déjà d’une place à part dans la faune de l’époque et qu’il est volontiers associé à des rites mêlant magie et religiosité. Durant l’Antiquité, plusieurs divinités et de jeunes héros voir leurs pouvoirs se conjuguer ou se confronter à ceux de l’ours, leur ouvrant les portes des plus grands exploits. Là encore, les caractères de l’animal,  notamment sa force physique remarquable, lui confèrent un statut particulier. Celui-ci jusqu’à s’inscrire dans le Zodiaque à travers les constellations de la grande et de la petite Ourse : ces deux constellations étoilées ne sont autres que les silhouettes des infortunés Callisto et Arcas, changés en ours par la colère de la déesse Artémis, et placés par Zeus sous protection éternelle des cieux.

Le premier roi des animaux

Animal à la force démesurée, splendeur de la nature réputée quasi invincible, l’ours est le candidat naturel au titre de maître du règle animal et de roi de la forêt chez les populations celtes, germaines, baltes ou slaves qui le côtoient très régulièrement dans les grands espaces forestiers. Ces attributs guerriers ( griffes, canines ) sont alors considérés comme des talismans par les hommes sur le chemin du combat, et son effigie trouve place sur les enseignes, les casques ou les épées antiques. De grands honneurs et une position éminente sont aussi conférés à l’homme vainqueur de l’ours : les récits sont ainsi emplis d’affrontements glorieux, qu’ils soient légendaires comme ceux de Tristan, lancelot du lac ou du roi Arthur, ou réels comme celui de Godefroi-de-Bouillon. Prises de choix lors de chasses royales, l’ours occupe une place centrale parmi les espèces nobles jusqu’à l’entrée du 12ème siècle. On se l’offre volontiers en présent entre souverains.

Sa Majesté Nounours 1er - Dans la salle du Conseil

2 mètres 20 de haut !  Même l’imposant François 1er et son presque double-mètre sous la toise paraitrait petit à ses côtés. Le Roi Nounous est tout à sa place sur le trône dans la grande salle qui accueillait autrefois les audiences royales.

Oursamboise7.jpg

oursamboise8.jpg

L’ours, un monstre ?

A partir du 12ème siècle, le règne de l’ours se confronte à la farouche opposition de l’Eglise. Considéré comme très proche de l’homme par sa bipédie, son régime alimentaire ou son anatomie, l’animal dérange par ses comportements, en particulier son appétit sexuel jugé dangereux pour les femmes. Sous la charge du Clergé, l’ours devient l’animal du diable et les pires travers viennent se substituer aux vertus dont il était autrefois paré : luxure, colère, cruauté, goinfrerie, paresse. Il bascule du bestiaire noble à celui d’habitant des enfers, régulièrement soumis par les saints. De ce rejet de l’ours découle une série d’interdictions appelées par les instances religieuses. On ne peut plus fêter l’ours, ou s’associer de quelconque manière à son image. On ne s’étonne pas que l’animal soit, à de rares exceptions, absent des blasons de la noblesse occidentale. Les objets et lieux de cultes païens lui faisant référence sont détruits. Les populations d’ours sont décimées : l’empereur Charlemagne, pour qui le soutien de l’Eglise est primordial, organise ainsi de grandes battues pour l’exterminer. La place de roi des animaux est donc vacante. L’Eglise y installe le lion, jugé plus convenable et digne d’honneur. A l’image du Cerf qui remplace l’Ours comme cible privilégiée des chasses royales, d’autres espèces sont alors anoblies.

Du miel au menu

Ah, les ours gourmands et le miel… c’est une grande histoire d’amour, largement relayée par nos bandes dessinées ou nos films préférés. Autour du chef de cuisine, dans cette salle à la décoration très sucrée, deux petits nounours marmitons s’affairent à la mise en pot.

oursamboise9.jpg

oursamboise10.jpg

oursamboise11.jpg

oursamboise12.jpg

oursamboise13.jpg

De la cour à la ville

Tombé en disgrâce, l’ours disparait donc des domaines princiers. Très loin de son statut passé de roi des animaux, l’iconographie le représente désormais en simple bête de somme, à la force imbécile. Sur les recommandations de l’Eglise, il est muselé et ridiculisé sur la place publique. Les fameux montreurs d’ours le présentent sur les foires, enchainé et impuissant aux yeux de tous. Les enfants et les chiens peuvent l’approcher sans crainte. Les récits profanes font également entrer les travers de l’ours dans l’imagerie populaire. On tourne l’animal en dérision, on se moque de sa corpulence, de sa grossièreté, de sa prétendue sottise, de sa gloutonnerie et même – cruel détournement de ses qualités originelles – de sa lâcheté. Bien des années plus tard, les fables de La Fontaine viendront encore alimenter ce bien injuste traitement.

Au dodo !

Dans la chambre du Roi, quelques ours de l’entourage proche du roi s’offrent un sommeil réparateur. Pour dormir à la cour, c’est sans chichi, on dort même par terre.

oursamboise16.jpg

oursamboise36.jpg

Copyright Philippe Hamelin

oursamboise14.jpg

oursamboise15.jpg

Un amour de peluche

La traversée du désert sera longue pour l’ours. Il est très largement négligé jusqu’à la fin du 19ème siècle par des zoologistes et des naturalistes encore marqués par les préjugés. C’est une prise de conscience du risque d’extinction de l’espèce qui fera finalement changer les choses à l’entrée du 20ème siècle. Ironie des choses, c’est sa vulnérabilité qui permettra sa réhabilitation d’abord auprès des scientifiques puis du grand public. Perçu désormais comme un animal fragile, solitaire et mélancolique, l’ours refait la conquête des cœurs. La représentation attendrissante de l’animal va aller jusqu’à inspirer les fabricants de jouets. C’est la naissance de l’ourson en peluche de notre enfance. L’origine de ce jouet mythique est associée à une anecdote concernant le président américain Théodore «  Teddy »Roosevelt. En 1902, rentré bredouille d’une chasse, l’édile se serait vu proposé de tirer sur un jeune ourson capturé à son intention. Il refuse catégoriquement au nom de ses propres enfants. Reprise par la presse, l’information inspira le premier «  Teddy Bear » dont le brevet fut rapidement un succès outre-Atlantique. Dans le même temps, une jeune allemande dénommée Margarete Steiff, développe dans l’entreprise familiale les premiers oursons articulés en laine et feutre de fabrication européenne.

Du premier Nounours aux icones de la culture populaire

Après la seconde guerre mondiale, l’essor de l’industrie du jouet va se conjuguer au développement de la télévision et du cinéma pour donner une nouvelle place à l’ours et le réhabiliter totalement auprès du grand public. Le zoomorphisme des modèles des premiers nounours du début du siècle laisse place à un anthropomorphisme des nouveaux spécimens. Le Nounours humanisé entre dans le cercle de la famille et fait le bonheur de toutes les générations. Les quelques modèles présentés dans cette salle donnent la mesure de l’évolution des formes et matériaux au cours du 20ème siècle. Leur succès va s’appuyer sur la popularité de quelques-uns de leurs plus célèbres congénères. En la matière, chaque pays ou presque va développer ses propres références. En France, le désopilant compère Ours des Sylvain et Sylvette (1957) , Colargol ( 1957) , Nounours de Bonne Nuit les Petits (1962) , ou Petit Ours Brun ( 1975) deviennent ainsi familiers. Ils seront rejoints sur les cinq continents par les cultissimes Winnie, Petit Jean, Baloo, Yogi ou Bouba.

oursamboise17.jpg

oursamboise37.jpg

oursamboise18.jpg

oursamboise19.jpg

oursamboise20.jpg

Tea time dans le cabinet Orléans-Penthièvre : 

Nous voici à present au 19ème siècle, sous le règne imaginaire de Louis-Nounours. Ce petit cabinet est tout à fait indiqué pour évoquer les derniers grands voyages faits en famille, autour d’une tasse de thé.

oursamboise21.jpg

Une grande réunion de famille dans la chambre Orléans

De l’arrière-grand-père au petit dernier, toutes les générations se sont donné rendez-vous pour Noël. A travers leurs styles et leurs souvenirs, c’est plus d’un siècle de l’Histoire de la famille Nounours qui se raconte à vous.

oursamboise55.jpg

oursamboise40.jpg

oursamboise22.jpg

oursamboise23.jpg

oursamboise41.jpg

oursamboise43.jpg

oursamboise26.jpg

Voici les ours rassemblés pour un grand concert  dans le salon de musique

L’ours harpiste fait partie des 30 ours prêtés par la Société «  Les Petites Maries ». Les 170 ours qui l’accompagnent viennent du Musée de la Poupée et du Jouet Ancien de Wambrechies. Merci à eux !

oursamboise53.jpg

oursamboise54.jpg

oursamboise48.jpg

Oursamboise45.jpg

oursamboise46.jpg

oursamboise47.jpg

oursamboise49.jpg

oursamboise50.jpg

oursamboise51.jpg

Oursamboise31.jpg

Oursamboise32.jpg

Toutes les photos ne sont pas libres de droit


Date de création : 07/12/2019 : 11:22
Catégorie : OURS EN PELUCHE -
Page lue 7250 fois

OURS ET ART
OURS ET CULTURE
OURS EN PELUCHE
 ↑  
Vous êtes ici :   Accueil » Le Roi Nounours, Noël rêves d’enfance Château d'Amboise du 01/12/2019 au 5/01/2020
 
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la page...
Prévisualiser...  Imprimer...  Imprimer la section...